Rencontre avec Boris Ghirardi

[Date de publication : septembre 2020]

Deux ans après la participation de Cécile Saboureau aux premiers European Running Clinics à Berlin, c’est au tour de Boris Ghirardi d’être l’ambassadeur d’Ottobock France sur la deuxième édition de ce rendez-vous sportif. Avant de s’envoler pour Bologne en Italie où se tiendra l’évènement du 15 au 18 octobre, Boris se dévoile dans ce portrait aux accents du sud !

Intéressé par les arts martiaux puis l’athlétisme, Boris Ghirardi affiche sa soif de sport dès son enfance. « C’est donc tout naturellement, en plus de mon métier, que j’ai passé un diplôme d’état (Certificat de Qualification Professionnelle), pour avoir la chance d’encadrer et ainsi de mieux transmettre ma passion ». Et ce n’est certainement pas son accident en 2019 qui réussira à ébranler son entrain et ses ambitions : « Au bout d’un an d’amputation, j’ai totalement repris toutes mes activités et je ne vais pas me limiter pour en essayer d’autres ! ».

Rester en mouvement

Avide de sport, ce quadragénaire originaire de Toulouse ne se laisse pour ainsi dire pas facilement intimider : CrossFit, balades en vélo, randonnée, course à pied, VTT, stand up paddle, surf… Aucun sport ne semble hors de sa portée ! Un an et un mois après son amputation, il a même effectué son premier trail de 12 km. « Mon conseil, c’est de faire une activité sportive, le mouvement est pour moi la meilleure thérapie. Ne pas se trouver d’excuses car on peut toujours faire quelque chose avec ou sans prothèse, tout est question de volonté ».

Si ce gestionnaire en patrimoine immobilier et papa d’un enfant peut aujourd’hui mener ce rythme, c’est en partie grâce à « l’excellent travail de [son] prothésiste », à savoir « son écoute et sa compétence technique ». Boris avait à cœur de retrouver les sensations les plus physiologiques possibles afin de pouvoir oublier sa prothèse. Il cherchait donc un pied sur lequel se reposer sans pour autant sacrifier la dynamique de marche.
« C’est assez complexe car il y a un large choix et nous sommes tous différents. Ce qui marche avec moi, ne marche pas forcément pour un autre. Et à force d’essayer, on finit par trouver ! ». Il se souvient très bien du jour où il a été appareillé d’une prothèse pour la première fois, la date du 2 octobre 2019 restera longtemps gravée dans sa mémoire : « J’ai immédiatement compris les possibilités d’un tel appareillage et tout ce que ça me permettrait de faire. Cela a été un soulagement immense ».

S'entourer pour s'en sortir

Au-delà de sa prothèse, Boris doit surtout son rétablissement physique et psychologique au soutien inconditionnel de sa femme et sa petite fille qui lui ont « donné une force incroyable », ainsi que celui de ses proches, du corps médical (kinésithérapeute, infirmière, médecin rééducateur, etc.) et de sa communauté sportive de CrossFit.

Aujourd’hui, Boris assume sa différence, ce qui la rend d'autant plus invisible aux yeux des autres : « Je suis souvent en short et il est très fréquent que de prime abord, les personnes ne s’aperçoivent pas que je suis amputé. Cela crée l'étonnement et la surprise, ce qui est un bon point de départ pour en parler et faire changer le regard sur le handicap ».

Aider son prochain

Et c’est avec cette même positivité que Boris représentera Ottobock France sur les prochains European Running Clinics (en savoir plus), un évènement made in Ottobock, encadré par le champion du monde et paralympique Heinrich Popow. Une expérience unique, basée sur l’échange et l’entraide, qu’il a hâte de vivre : « Participer à un tel évènement correspond tout-à-fait à la philosophie de ma nouvelle vie ».

En effet, le partage est une valeur chère aux yeux de Boris qui a créé à ce titre son compte Instagram @pied_de_robot (un nom trouvé par sa fille !), sur les encouragements des infirmières de l’hôpital et des kinésithérapeutes de son centre de rééducation. Une façon de montrer à tous le chemin parcouru depuis son amputation, voire d’inspirer celles et ceux qui peinent à trouver l’envie et la motivation de reprendre leur vie là où elle s’est arrêtée : « Si mon évolution, mes expériences, mes tests, mes exercices peuvent aider, j’en serais fier ».



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