Rencontre avec Alexis Hanquinquant

© James Mitchell

Champion du monde de paratriathlon, Alexis Hanquinquant nous a fait le plaisir de partager son expérience lors du XXIIe Congrès national scientifique ISPO-France qui a eu lieu à Bordeaux les 15 et 16 novembre 2018.

Le sport et la compétition ont toujours fait partie du quotidien d'Alexis Hanquinquant, ce trentenaire normand, papa de deux enfants. De 8 à 23 ans, il pratique le basket en promotion excellence région. Puis en 2010, il se lance dans le sport de combat et décroche le titre de Champion de France en full contact dans la catégorie des -86 kg. En 2010, ce jeune maçon de formation met sa passion pour le sport entre parenthèses, suite à un accident du travail qui le prive de sa jambe droite trois ans plus tard.

Lorsqu'il est appareillé d'une prothèse de sport pour la première fois, Alexis se souvient, au-delà de la joie ressentie, de sa volonté immédiate de repousser ses limites. Il se tourne alors vers le paratriathlon*, attiré, dit-il, « par le triple effort et le dépassement de soi ».

Sa détermination est rapidement récompensée puisqu'il monte, un an après s'être lancé dans cette discipline, sur la deuxième marche du podium lors du Championnat de France de paratriathlon. « Cet évènement reste mon meilleur souvenir car c'est réellement à ce moment-là que tout commence. J'ai toujours senti que j'étais fait pour le sport mais jamais je n'aurais imaginé devenir un jour champion. »

S'ensuit une ascension jalonnée de multiples médailles... En 2017, Alexis réalise un triplé en remportant l'or sur les Championnats de France, d'Europe et du monde. En 2018, malgré une déchirure musculaire au genou, il parvient à conserver ses titres et améliore au passage ses résultats de quelques minutes. La prochaine étape ? Se qualifier pour les prochains Jeux paralympiques de Tokyo en 2020.

Pour atteindre un tel niveau, Alexis peut non seulement compter sur le savoir-faire de son orthoprothésiste et sa panoplie de prothèses (une prothèse de bain, une prothèse de vélo, une lame de course et une prothèse multisport), mais il consacre surtout un temps considérable à l'entraînement. Chaque semaine, il parcourt ainsi 15 km de natation, 300 km de vélo et 40 km de course à pied, soit près de 25 heures d'exercices.

Aujourd'hui, Alexis est intervenant en sécurité pour un grand groupe de BTP. En parallèle de son métier et du paratriathlon, il est également à la tête de l'association « Le sport du bon pied » qu'il a créée dans le but de promouvoir le handisport et d'acquérir du matériel performant. Il souhaite en effet rendre le sport accessible aux personnes handicapées, à qui il conseille de croire en leurs rêves, de foncer : « Si tu tombes, ce n'est pas grave. Le principal est de se relever. »

*Discipline qui repose sur l'enchaînement de trois épreuves d'endurance : la natation, le cyclisme et la course à pied.


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