Rencontre avec Ludovic Roussel

Ludovic a fait preuve de dynamisme et de persévérance pour rebondir après l'accident qui lui a valu la perte de sa main. Souriant et serein, il nous a ouvert les portes de chez lui en Haute-Normandie pour partager son expérience...

Suite à l’amputation de sa main droite en janvier 2012, Ludovic ne s'est fixé qu'un seul objectif, celui de regagner son indépendance au plus vite : « Je voulais reprendre ma vie d'avant, quelles que soient les étapes que je devais traverser ». Il se souvient du soulagement qu'il a ressenti lorsqu'il a essayé une prothèse pour la première fois : « Ma main gauche ayant été également touchée et recouverte de bandages, je ne pouvais absolument rien attraper. Lorsque j'ai pu saisir un objet avec la prothèse, j'ai compris qu'elle allait me changer la vie ».

Grâce à sa volonté et sa détermination, il a réappris seul à réaliser les gestes de la vie quotidienne tels qu'enfiler un pantalon, se brosser les dents ou encore conduire. Il reconnaît néanmoins que les débuts ont été quelque peu compliqués : « En rentrant chez toi, tu te retrouves seul à devoir te servir un verre d'eau. Tu serais prêt à tout jeter en l'air devant la difficulté de ce geste pourtant si élémentaire ». Il a également mis un point d'honneur à retravailler à temps plein pour, dit-il, « être comme les autres ».

En dehors de sa vie de famille, Ludovic jongle entre son activité professionnelle et ses loisirs. Diplômé en protection incendie, il intervient dans toute la France en tant que responsable technique pour le compte d'un groupe français. Même s'il a dû mettre sa passion pour la mécanique et le sport automobile entre parenthèses, il n'en reste pas moins actif : pendant son temps libre, il s'emploie à rénover sa maison et entretenir son jardin.

Pour le soutenir dans ses journées bien remplies, il utilise trois dispositifs qu'il porte du matin au soir en fonction de ses besoins : une main Michelangelo pour la vie quotidienne (ex : faire les courses, manger, sortir), une main SensorSpeed pour le travail (où il est souvent amené à se rendre sur des chantiers), et une pince Greifer pour les tâches manuelles (ex : bricoler, tondre la pelouse).

Son autonomie retrouvée, Ludovic affiche aujourd'hui une confiance inébranlable grâce à laquelle il assume pleinement sa différence. Le regard des autres l'importe peu et selon lui, manquer de naturel en cherchant à dissimuler son bras ne ferait qu'attirer davantage l'attention. Et si son appareillage peut parfois éveiller une curiosité bienveillante, il est ravi de pouvoir échanger et répondre aux interrogations.


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